Ephémérides du 15 avril 2020 – La Lune, Mars et les comètes

La Lune continue de jouer avec les planètes du matin, et les comètes se déchainent et se déchirent en cette semaine !

Ne manquez pas le rapprochement serré entre le gros croissant de Lune et la planète Mars le 16 avril au petit matin. Et à prendre des nouvelles des comètes du moment : ces superbes astres chevelus et capricieux continuent de nous surprendre…

Le spectacle planétaire du matin continue cette semaine : les planètes Mars, Saturne et Jupiter sont toujours alignées, mais cet alignement apparent évolue doucement… Si Jupiter et Saturne continuent de monter doucement dans le ciel de jour en jour, Mars, elle, semble prendre la tangente et s’éloigne des deux géantes gazeuses ! Ce qui a pour effet de disperser doucement les trois planètes du matin…

Le 16 avril, la Lune rend visite à Mars

Le 16 avril, au matin, le gros croissant de Lune va passer à seulement 3° (soit six diamètres apparents de Pleine Lune) de la planète rouge : un spectacle accessible à tous à l’œil nu qui devrait vous permettre de repérer sans ambiguïté la planète Mars. La plus grosse planète du Système solaire, Jupiter, très brillante, est impossible à manquer, et Saturne, la planète aux anneaux, est située entre les deux.
Le 16 avril au matin, la Lune passera à proximité apparente de la planète Mars. Crédit image : Stellarium
Zoom sur la rencontre entre Mars et le gros croissant de Lune, accompagné des planètes Jupiter et Saturne. Crédit image : Stellarium

Une comète de perdue, une de retrouvée !

Pendant ce temps-là, toujours dans le Système solaire, la vie n’est pas de tout repos ! Notamment dans la famille des comètes… Ces astres glacés sont des petits cailloux de quelques centaines de mètres, voire quelques kilomètres, situés pour la plupart aux confins du Système solaire, là où le Soleil réchauffe si peu que la glace ne peut pas fondre.
Images de noyaux cométaires représentés à l'échelle et auxqules des sondes spatiales ont rendu visite. Ces noyaux glacés venus des confins du Système solaire font quelques kilomètres de diamètre et revêtent des formes variées. Crédit : Planetary Society
Mais parfois, l’un de ces noyaux cométaires s’aventure plus près du Soleil. Sous l’effet du rayonnement de notre étoile, la glace qu’il contient se met à se sublimer (elle passe directement de l’état solide, la glace, à l’état gazeux). Le noyau de quelques kilomètres s’entoure alors d’une énorme boule de gaz de quelques milliers, voire dizaines de milliers de kilomètres : la chevelure (ou “coma”). Et encore plus proche du Soleil, elle se dote d’une traînée de gaz et de poussières : la queue, qui peut s’étendre sur plusieurs millions, voire dizaine de millions de kilomètres !
Structure d'une comète. Le noyau, de quelques kilomètres, n'est jamais visible, mais il est entouré d'une coma (chevelure) de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de diamètre. La queue de gaz, ionisée, est de couleur bleutée. La queue plus blachâtre est la queue de poussières éjectées qui étaient emprisonnées dans la glace.
Actuellement, après une période de disette cométaire, l’activité de ces belles chevelues reprend ! Notamment avec la comète C/2019 Y4 (ATLAS) qui a défrayé la chronique, puisque des analyses (trop ?) optimistes estimaient qu’elle pouvait atteindre la luminosité de Vénus (visible actuellement dans le ciel du soir), voire plus, lors de son passage au plus près du Soleil, fin mai.
Las, les comètes sont imprévisibles, et depuis une douzaine de jours, les images de la comète sont sans appel : son noyau s’est fragmenté en au moins 5 parties, ce qui laisse supposer que le spectacle sera bien moins impressionnant que prévu…
La comète C/2019 Y4 (ATLAS) photographiée le 2 avril 2020 par Olivier Labrevoir à distance avec le T600 du Centre d'Astronomie.
Evolution de la morphologie de la comète C/2019 Y4 (ATLAS) photographiée par Patrick Sogorb depuis la Bastide-des-Jourdans. La série d'images met en évidence la fragmentation récente du noyau de la comète. Crédit: Patrick Sogorb, http://astrosurf.com/sogorb/
Mais au moment où la fragmentation du noyau de C/2019 Y4 (ATLAS) devenait une évidence, une autre comète prometteuse faisait son apparition : découverte le 11 avril, C/2020 F2 (SWAN) devrait, comme C/2019 Y4 (ATLAS), passer à proximité du Soleil fin mai. Actuellement observable aux jumelles à la suite d’un sursaut de luminosité depuis l’hémisphère Sud, elle pourrait, d’après les prévisions les plus optimistes, devenir visibles à l’œil nu d’ici un mois. A surveiller donc ! Mais avec les comètes, rien n’est jamais réellement sûr…
La comète C/2020 F2 (SWAN), photographiée ici le 11 avril, pourrait devenir la prochaine comète visible à l'oeil nu, au mois de mai. Crédit image : Ernesto Guido & Marco Rocchetto & Adriano Valvasori
La comète C/2017 T2 (PanSTARRS), photographiée ici le 12 avril, est actuellement observable aux jumelles depuis l'hémisphère Nord. Crédit image : Uğur İkizler
Elles ont des futurs prévus bien moins exceptionnels que les deux comètes précédentes, mais deux comètes sont également intéressantes à observer en ce moment : C/2017 T2 (PanSTARRS) est actuellement accessible aux jumelles dans la constellation de la Girafe et se dirige vers la Grande Ourse. C/2019 Y1 (ATLAS) (à ne pas confondre avec la comète précédente, mais découverte une douzaine de jours avant) a quant à elle connu un sursaut de luminosité… probablement lié à une fragmentation de son noyau. Elle perd désormais en luminosité et en densité dans la constellation de Cassiopée.

Yuri's Night 2020 : de Gagarine à Apollo 13

A l’occasion des Yuri’s Night 2020 et la 10ème Journée internationale du vol spatial habité, le Centre d’Astronomie et l’Observatoire astronomique de la région autonome du Val d’Aoste ont réalisé, avec les moyens du bord pendant cette période de confinement, une vidéo sur l’astronautique en se remémorant le premier vol spatial habité de Youri Gagarine et l’accident, il y a 50 ans, d’Apollo 13. Une vidéo à retrouver sur notre chaîne Youtube.

About the Author: Karl Antier

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