Éphémérides du 29 avril 2020 – Satellites Starlink, astéroïde géocroiseur, comète et étoiles filantes

Vous les avez peut-être aperçus la semaine dernière : les satellites Starlink vont devenir des compagnons plus ou moins désirables du ciel nocturne. Qui ne doivent cependant pas éclipser (aux sens propre et figuré) les véritables phénomènes astronomiques !

Le lancement de la 6ème flopée de satellites Starlink a été largement observée et filmée la semaine dernière. Impressionnante, elle ne doit pas faire oublier les phénomènes astronomiques non-anthropiques ! Au menu cette semaine, une comète, un astéroïde géocroiseur et des étoiles filantes !

Brochette de satellites Starlink...

Si vous avez eu la possibilité d’être sous un ciel nocturne et dégagé la semaine dernière, et que vous aviez les yeux levés vers lui vers 22h, vous avez dû les voir passer… Une soixantaine de petits points lumineux en fil indienne qui traversent le ciel en quelques dizaines de secondes. Ces petits points lumineux, ce sont les derniers lancés (ils sont partis de Cap Canaveral le 22 avril) de la constellation Starlink de la société SpaceX. Objectif affiché : la couverture intégrale de la Terre en accès Internet par satellite… Ce qui ne peut être réalisé qu’avec 13 000 à 40 000 satellites ! Ce sont 417 qui sont actuellement en orbite. Pour ceux qui ont manqué ceux du 22 avril, un autre lancement est prévu le 7 mai 2020.
La plupart des satellites Starlink de ce 6ème lancement ne seront plus observables la semaine prochaine. Mais ceux des 5 lancements précédents le seront ! Des sites Internet vous permettent de prévoir leur passage : s’ils seront bien moins proches les uns des autres que ceux observés la semaine dernière, ils se présenteront sous forme de succession, à quelques minutes d’intervalle, desdits satellites.
L’un de ces sites Internet est le site Heavens-Above, où il vous suffit de rentrer le nom de votre ville ou de vos coordonnées pour pouvoir avoir la liste des satellites observables au-dessus de chez vous, et notamment les satellites Starlink.

... un astéroïde géocroiseur...

Le 29 avril, à 11h56, l’astéroïde géocroiseur (52768) 1998 OR2 va passer relativement près de la Terre, puisqu’il sera alors à 6,3 millions de kilomètres de notre planète, soit 16 fois la distance Terre-Lune. Une distance raisonnable qui n’est donc pas inquiétante du tout. Mais une distance relativement faible, surtout pour un astéroïde aussi grand, puisqu’il fait près de 2,5 km de diamètre. La géométrie de l’astéroïde a d’ailleurs été révélée par des observations du radiotélescope Arecibo le 18 avril dernier.
Cet astéroïde de la famille des Amor ne sera toutefois visible que dans de bons instruments amateurs (magnitude +11) comme un petit point lumineux filant à travers le fond fixe d’étoiles.
Images de l'astéroïde 1998 OR2 réalisées par le radiotélescope d'Arecibo. Crédit: Arecibo Observatory/NASA/NSF
Positions des planètes internes du Système solaire, notamment la Terre, ainsi que l'astéroïde (52768) 1998 OR2, le 29 avril 2020. Crédit : NASA/JPL

...une comète...

Un autre petit objet va également rendre visite à notre Système solaire interne : la comète C/2017 T2 (PanSTARRS) passera au plus près du Soleil le 4 mai prochain, à 242 millions de kilomètres de notre étoile. Le noyau cométaire n’est malheureusement ni suffisamment massif et ne passera pas suffisamment près du Soleil pour devenir spectaculaire, mais elle est actuellement la comète la plus brillante visible, puisqu’elle est accessible dans une paire de jumelles ou un petit instrument d’astronomie comme une tache floue. La voyageuse chevelue traverse actuellement la constellation de la Girafe, en se dirigeant vers celle, bien connue, de la Grande Ourse qu’elle rejoindra mi-mai. Elle est donc observable toute la nuit depuis nos latitudes !
La comète C/2017 T2 (PanSTARRS) photographiée en novembre dernier par Michael Jaeger. Crédit: Michael Jaeger.

...et des étoiles filantes !

Début mai, une pluie d’étoiles filantes méconnue va également commencer à être sérieusement active : les êta-Aquariides doivent atteindre leur maximum le 5 mai. Si ces étoiles filantes sont moins connues que d’autres, comme les Perséides d’août, c’est tout d’abord parce qu’elles sont plus faciles à observer depuis l’hémisphère Sud. Qui plus est, elles ne sont observables qu’en toute fin de nuit, juste avant le début du crépuscule. Les amateurs de météores peuvent cependant se lever avant que le ciel ne bleuisse, et ils devraient avoir la chance de pouvoir observer un peu moins d’une dizaine d’êta-Aquariides par heure. La Lune sera malheureusement de la partie, et en fonction de l’état du ciel, le nombre d’étoiles filantes observées s’en trouvera plus ou moins réduit.
A noter que ces étoiles filantes sont associées à l’entrée dans l’atmosphère à très grande vitesse (66 km/s) de poussières libérées par la célèbre comète de Halley, pour ceux qui n’auraient pas le courage d’attendre son retour… en 2061 !
Les êta-Aquariides 2013 photographiée par Colin Legg depuis l'Australie. Crédit: Colin Legg

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